5 mois en tongs

11-06-2015

Au milieu de nulle part...

Mer d Aral - Epaves de bateaux dans le désert

Après les superbes sites ouzbeks, c'est parti pour la partie la moins fun du voyage : la longue traversée du désert pour rejoindre la Russie en passant par l'ouest du Kazakhstan. Point commun de tous les endroits traversés : être perdus au milieu de nulle part.

Derniers jours en Ouzbékistan


Tout le monde nous avait prévenu : « Vous verrez, à Nukus c'est moche et il n'y a rien à faire – sauf le musée ». On confirme : à Nukus il n'y a VRAIMENT rien à y faire (pas de sites touristiques, pas de commerces, pas de cafés, pas de parcs...) ...sauf effectivement LE musée ! (Musée I. Stavisky) Une perle ! Alors qu'il est dans une ville au fin fond du désert, à l'intérieur on trouve des centaines de superbes tableaux de peintres russes d'avant-garde et contemporains, impressionnistes, fauves, expressionnistes... La collection est impressionnante, mais il paraît que seulement environ 2000 tableaux et objets sont exposés alors que les réserves du musée en comptent plus de 80000 ! Cette incroyable collection est due au précédent conservateur du musée I. Savitsky, qui a passé sa vie à sauver ces tableaux (voués à la destruction car considérés à l'époque comme « non soviétiques ») en les rassemblant à Nukus, loin du monde. Le musée, qui est le plus grand d'Asie Centrale, est actuellement en pleins travaux d'agrandissement et commence apparemment à avoir une certaine renommée internationale (si si!).

Dans le reste de la ville, pas grand chose à voir donc, mais ça n'empêche pas les policiers de faire du zèle. Pour s'occuper un peu, l'un d'eux nous a donc pris en flagrant délit de photographie de monument public, ce qui est apparemment interdit. Il a tenu à contrôler toutes nos photos des derniers jours et nous en a fait supprimer plusieurs. J'ai fait semblant de supprimer l'objet du délit : voici donc en exclusivité la photo du siège de la République du Karakalpakstan à Nukus !! (lien vers album)

Pour finir notre séjour en Ouzbékistan, nous faisons une excursion express (420 km aller-retour tout de même!) vers ce qui reste de la Mer d'Aral et visitons Moynaq, ancienne petite ville de pêcheurs assez déprimante. L'ambiance maritime est restée : petites maisons basses aux portes bleues, images de pêcheurs et poissons à droite et à gauche, dunes de sable... Mais derrière les dunes, plus de mer : juste du sable à l'infini et des épaves de bateaux rouillées. La mer d'Aral, qui était la principale ressource de ce village jusque dans les années 1960, est maintenant presque entièrement asséchée (résultat de pompage exagéré par les Soviétiques pour irriguer les champs de coton dans le cadre de leur économie planifiée). Pour voir ce qu'il reste de la mer d'Aral, il faut désormais aller à environ 200 km de là !

La nuit la plus longue


Le 24 mai à 17h commence un long trajet en train à travers le désert, qui ne finira que 23 heures plus tard à Atyrau au Kazakhstan...


Notre train est un train longue distance qui va de Tachkent à Vologograd (environ 3000 km). Pour les gens qui font ce parcours en entier, c'est 3 jours de voyage à bord ! Du coup, l'ambiance est particulière ; les enfants courent dans les couloirs et jouent à cache-cache dans les compartiments, des femmes préparent leur repas en famille, il y a une bouilloire géante au bout de chaque wagon pour que les gens puissent se faire un thé à n'importe quel moment de la journée... Une autre spécificité de ces trains longues distances caractéristiques de l'ex-URSS, c'est qu'ils sont marqués par de très très nombreux arrêts allant de 10 minutes pour les petites villes à parfois plusieurs heures pour les grandes villes ! Avantage n°1 : ça permet aux gens qui passent 3 jours dedans de prendre l'air et se dégourdir un peu les jambes. Avantage n°2 : avec une telle marge, les trains russes ne partent jamais avec du retard ! ... Mais d'un autre côté, les trains sont super lents, et difficile de dormir avec des arrêts aussi fréquents ; et surtout – le pire des inconvénients ! - : lors des arrêts, les portes des toilettes sont fermées à clé !
Partant de là – et du fait du passage de frontière - notre nuit à bord est décidément une des plus pourries de notre voyage. Entre minuit et 5h, on voit passer successivement le contrôleur du train pour réveiller les passagers, un officier ouzbek pour les tampons de sortie, des officiers des douanes, re-le contrôleur pour récupérer les passeports, puis des Kazakhs pour vérifier les visas d'entrée... (2 heures d'arrêt à chaque fois !) Le train avance un peu au ralenti entre chaque étape, mais il est plus souvent à l'arrêt qu'en mouvement.

Heureusement pour le reste du voyage, les couchettes sont confortables, les gens de notre compartiment assez sympas et le wagon resto a un petit charme rétro avec ses petits rideaux et ses tables en formica. A travers les fenêtres, le paysage est beau mais assez monotone : désert, steppes, un ou deux villages paumés et quelques chameaux touffus.

Atyrau, ou comment dépenser son argent inutilement


Après le long trajet en train, nous arrivons finalement à Atyrau, à l'ouest du Kazakhstan. Atyrau, c'est un peu Nukus – il n'y a rien à y faire – mais en plus cher ! L'économie de la ville est entièrement basée sur le pétrole, et ça se voit ! La ville est grande, riche et moderne. Conséquence : impossible d'y trouver un hôtel dans notre budget... On se retrouve donc dans un hôtel apparemment « cheap » pour la ville, excentré et en bordure de route poussiéreuse, mais qui n'en reste pas moins un 4 étoiles kazakh à 80 euros la nuit !! On ne s'attendait pas à ça ici... Heureusement, ce n'est que pour une nuit !

Dernière ligne droite vers la Russie


Atyrau nous réserve une petite surprise supplémentaire : le 26 mai au matin, jour de notre bus pour la Russie, nous arrivons frais et dispos à la gare routière où nous avons acheté notre billet la veille. Et là, on apprend que le bus a été annulé (faute de comprendre le russe ou le kazakh, on déduit qu'il a été annulé faute de passagers, mais on n'en saura jamais rien). On se retrouve donc à faire le trajet en taxi partagé (comme partout ailleurs, les chauffeurs de taxi – vautours rôdent dans les gares routières pour récupérer les passagers victimes d'annulations surprises). C'est donc en compagnie de deux Russes tout sauf causants qu'on passe la frontière du Kazakhstan à la Russie.
Les paysages traversés sont presque caricaturaux. Côté kazakh, rien :une plaine infinie, couleur terreuse, parsemée d'une énorme quantité de poteaux électriques. On voit aussi beaucoup de sites d'extraction de pétrole et de nouveau beaucoup de chameaux touffus. Les villages sont tristounes : rues en terre boueuse, maisons bétonnées grises espacées, clôtures en tôles (rouillées évidemment), pas de commerces, pas de vie... (Pas de Borhat non plus.). A l'approche de la frontière russe, dans la zone du détroit de la Volga, tout devient plus vert et marécageux, il y a de nouveau des arbres, et on traverse même un joli village avec petites maisons en bois peintes de style russe.
Le passage de frontière se fait finalement sans problème dans un petit poste ressemblant à une roulotte.

Le soir, notre arrivée à Astrakhan, ville principale du détroit de la Volga, marque le début de la fin : c'est parti pour 3 semaines de Russie, dernière étape de notre voyage ! Le temps passe trop vite...

Emilie

Quelques photos de Nukus et de la mer d'Aral

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23-05-2015

Sur la Route de la soie

Samarcande

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C'est après seulement 2 heures à bord du TGV Ouzbek que nous arrivons à Samarcande – 200 km/h, vitesse énorme comparé à ce à quoi nous étions habitués ces derniers mois ! En plus pour un billet à 12 euros par personne, on a le droit à un petit déjeuner servi à notre place.

Samarcande était une des principales étapes sur la Route de la soie entre le Moyen-Orient et la Chine. Elle a connu son apogée au XIVe siècle lorsqu'elle fut la capitale de l'empire éphémère de Tamerlan qui s'étendait de la Syrie au Nord de l'Inde. Tamerlan n'est pas très connu chez nous, mais ici c'est un peu le héro national. Il y a des statues à son effigie dans toutes grandes villes du pays. C'était un grand conquérant mais il est loin de siéger aux côtés de Mandela ou Gandhi au Panthéon des bienfaiteurs de l'humanité. Sa technique consistait à terroriser ses adversaires en détruisant les villes conquises et en tuant tous leurs habitants (femmes et enfants compris), de telle sorte que les adversaires suivants se rendent sans même combattre (une certaine forme de non-violence finalement!).

Samarcande possède plusieurs mosquées, medressas et mausolées vraiment splendides avec des dômes et des façades recouverts de céramiques turquoise. Le site le plus impressionnant de Samarcande est le Registan, une place carrée entourée de grandes medressas à dômes bleus sur 3 des 4 côtés. Ca en jette pas mal ! Ce serait un peu comme une place en Europe avec 3 cathédrales. Le seul truc un peu dommage c'est que les sites historiques ne sont pas vraiment intégrés dans la ville. Les monuments trônent au milieu de belles pelouses et sont entourés de barrières avec accès payant. Ce ne sont donc plus des lieux de vie comme à l'époque mais uniquement des attractions touristiques.

Hormis ces sites, la ville n'est pas désagréable mais n'a rien d'exceptionnel. Un premier centre ville (ancien/russe) est assez sympa avec quasiment pas de bâtiments moches type soviétique mais surtout des bâtiments de style européen du 19e siècle. Le second centre ville (récent/post soviétique) ressemble un peu à une station balnéaire hyper proprette et donc paraît un peu faux ici. Quant à la vieille ville, il s'agit de quartiers d'habitations avec de petites maisons en briques et toits en tôle, en forme de U autour d'une cour. Dans ces quartiers les routes ne sont pas goudronnées et il y a partout des conduits de gaz qui enjambent les rues. Sans faire miséreux pour autant, ça contraste pas mal avec le centre récent. Sûrement pour éviter que ce contraste ne soit trop visible, les autorités ont eu la bonne idée d'entourer les quartiers de la vieille ville de murs de 2m de haut avec seulement quelques entrées façon ghettos.

Dans un registre moins culturel, nous avons également visité une fabrique de vin et de cognac. Les vins sont hyper sucrés et forts en alcool. Certains ressemblent un peu à du Porto au niveau du goût. Le sommelier nous explique que les Ouzbeks sont de gros consommateurs de vin notamment pendant les mariages qui peuvent réunir jusqu'à 1000 personnes. Les Ouzbeks - qui sont majoritairement musulmans - ne semblent pas très à cheval sur les principes religieux, ils mangent même de la viande de porc (sauf pendant le Ramadan !).

 

Boukhara

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Nous rejoignons ensuite Boukhara, une autre étape mythique de la Route de la soie. La ville a été le cœur religieux et culturel de l'Asie Centrale du IXe au XIXe siècle. Elle comptait 120 medressas, des écoles religieuses dans lesquels étaient enseignés l'arabe et le Coran mais également les sciences et la philosophie. Avicenne, l'un des plus grand philosophe et scientifique du monde musulman y a notamment étudié et enseigné. La ville a commencé à décliner aux XVIIe siècle en même temps que la Route de la soie (remplacée par le trafic maritime) pour n'être plus que la capitale d'un émirat reculé et sous-développé au XIXe siècle.

Ce qui caractérise la ville, c'est la quantité de bâtiments historiques et le fait que le centre-ville ne porte quasiment aucune trace de l'occupation russe. A tous les coins ce rue on tombe sur une medressa ou une mosquée et contrairement à Samarcande, ici ils se trouvent bien au cœur de la ville. En revanche beaucoup d'entre eux sont assez abîmés et mériteraient d'être restaurés. Souvent, il ne reste que des fragments des fresques en céramiques qui recouvraient les façades. La place centrale de la vieille ville est spécialement agréable avec un grand bassin entouré d'arbres et de terrasses où l'on peut boire des bières et manger des brochettes. Hormis ça le centre-ville manque un peu de vie et 80% des magasins sont des magasins pour touristes. En fait, comme c'est généralement le cas en Ouzbékistan, le gros de l'activité commerçante se concentre au bazar de la ville qui se trouve en marge du centre.

Nous visitons également les deux palais de l'émir (dont le dernier a été éjecté par les Soviétiques en 1920) et les anciennes prisons. Parmi les différente cellules, la pire de toutes était la « fosse aux insectes », une sorte de puits de 6 mètres de profondeur rempli d'insectes, de scorpions et de rats.

A Boukhara – mais aussi dans toutes les autres villes du pays - on croise un nombre impressionnant de voyageurs longue durée, partis pour des mois voire des années ! : un couple de Brésiliens venus en voiture depuis le Brésil, un Anglais venu en vélo depuis Londres, un Italien en moto...

 

Khiva

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Après plus d'une semaine en Ouzbékistan, la route entre Boukhara et Khiva nous permet de voir enfin le désert (« enfin » car les grandes villes le long de la Route de la soie sont en réalité situées dans de grandes oasis et entourées de champs, vergers, etc., ce qui donne finalement une impression de paysages assez verts.)

Khiva se trouve aussi sur la Route de la soie, mais elle n'en a jamais été une étape importante. La ville s'est surtout développée aux XVIIIe et XIXe siècles grâce au commerce d'esclaves. A l'époque, un des business des tribus nomades d'Asie Centrale était de capturer des gens qui traînaient dans le désert ou des colons russes dans le sud de Sibérie et de les vendre comme esclaves dans les grandes villes comme Khiva ou Boukhara.

La vieille ville est entourée de murailles d'une dizaine de mètres de haut et est entièrement piétonne. C'est un véritable musée à ciel ouvert où on trouve des dizaines de superbes bâtiments historiques côte-à-côte avec de belles céramiques bleues bien conservées. Un des monuments emblématique de la ville est une espèce de pile turquoise qui est la base d'un énorme minaret inachevé. D'après la légende, l'architecte se serait barré dans la nature avant la fin des travaux pour éviter de se faire tuer par l'émir. En Ouzbékistan, les émirs trouvaient toujours une bonne raison d'exécuter leurs architectes : refus d'une commande techniquement irréalisable, retard dans l’exécution des travaux, résultat inférieur aux attentes ou résultat trop bien (dans ce cas là, il fallait éviter que l'architecte puisse reproduire le bâtiment dans un émirat rival). Sinon ici aussi nous avons visité l'ancienne prison. La torture locale était d'enfermer le prisonnier avec des chats sauvages !

A partir de Khiva, nous nous rendons également à 80km au nord dans le désert pour voir des vestiges de villes antiques qui ont progressivement été abandonnées au Moyen-Age suite au déplacement du lit du fleuve Amu-Darya. Comme ces sites sont en-dehors des circuits touristiques classiques, on a un peu l'impression d'être les premiers à les découvrir et même si il ne reste que des remparts et des fondations de bâtiments, on arrive assez bien à s'imaginer qu'il y avait des villes à cet endroit. Le truc surprenant aussi dans le désert dans ce coin, c'est les grandes étendues blanches (comme de la neige) qu'il y a un peu partout et qui en fait sont du sel.

Après une dizaine de jour, nous laissons la Route de la soie derrière nous pour une destination un peu moins romantique : Nukus, ville perdue à l'ouest de l'Ouzbékistan et ancien point d'entrée vers la mer d'Aral.

Plus de photos

Basile

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15-05-2015

Et qu'est-ce qu'on mange en Ouzbékistan ?

...du gras ! Il est généralement accompagné de viande, et parfois de soupe, voire même de légumes.

Toute la richesse de la cuisine ouzbek représentée sur cet étal...

 Le gras constitue réellement un aliment à part entière dans l'alimentation ouzbek. Sur les étals de viande des marchés on trouve de très appétissants blocs blancs flasques. Lors de notre rando près de Tachkent, on en a découvert l'origine en croisant plusieurs moutons au derrière bien rembourré : il s'agit d' une espèce spéciale dite « moutons à queue grasse » qui fournissent un gras apparemment très prisé. Les Ouzbeks mangent le gras tel quel coupé en morceaux moyens et insérés dans des brochettes (les Schaschlik) : viande-gras-viande-gras-viande-gras. Ils le détaillent aussi en plus petits bouts qu'ils disséminent dans les plats, soupes, etc. Du coup, tout ou presque à le goût et l'odeur de la graisse de mouton.

Parmi les spécialités locales, on note aussi le fameux Plov, LE plat ouzbek par excellence. Du riz, des carottes et de la viande, avec soi-disant des variantes selon les régions. « Soi-disant », car le plov c'est un peu l'Arlésienne : tout le monde le vante et il est sur tous les menus mais bizarrement dès qu'on en demande c'est « sorry pas aujourd'hui », « non, sorry, on n'en a plus », « il fallait venir ce midi, on n'en mange pas le soir »... On a quand-même réussi à en tester et ça a goût de ...riz avec des carottes et de la viande.

Hormis les Schachlik – qui peuvent aussi prendre l'apparence plus sympathique de viande de kebab – les spécialités de viande sont variées : saucisses, tourtes à la viande, beignets à la viande... Et dans les assiettes, les portions sont plus que généreuses. Le résultat se voit sur les Ouzbeks !! Les nouilles type spaghettis constituent une autre spécialité avec plusieurs variantes : nouilles froides parsemées de viande de cheval, nouilles vertes (aussi froides) au yaourt servies avec un ragoût de viande... Un régal ! (blague).

Côté laitages, les Ouzbeks semblent friands de petites boules de fromage sec, roulées sous les aisselles ou ailleurs, on ne sait pas. On trouve aussi quelques yaourts, mais plus sur les étagères des bistrots ou les étals de marchés que dans des frigos.

Pour finir sur une note positive : en Ouzbékistan, on trouve de beaux fruits (frais comme secs) et de bons biscuits industriels vendus au détail...

Emilie


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11-05-2015

Arrivée en Ouzbékistan

Tachkent

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Même si certains voyageurs n'hésitent pas à traverser le Pakistan et l’Afghanistan par voie terrestre, nous préférons survoler ces deux pays. Notre point de départ en Ouzbékistan sera donc Tachkent, la capitale. Avec plus de 2 millions d'habitants, c'est la plus grande ville d'Asie Centrale. Pour autant nous ne savons pas trop à quoi nous attendre tant on n'en parle jamais en Europe. Sur le papier, la ville a tout pour être horrible et décrépie ; le pays n'est pas très riche et Tachkent a été quasiment entièrement détruite par un séisme en 1966 puis reconstruite dans la foulée par les soviétiques. Au final la ville est assez développée et, aussi surprenant que cela puisse paraître, nous l'avons trouvée agréable et reposante (peut-être les séquelles de plusieurs semaines en Inde).

Tachkent n'est pas belle en soi - l'architecture consiste en une alternance de blocs de style soviétique type HLM et de gros bâtiments récents d'assez mauvais goût avec façade en marbre et verre bleu flashy - mais elle est très verte avec des arbres le long des avenues, des pelouses et des parcs un peu partout ; du coup cela ne provoque pas la nausée à laquelle on pourrait s'attendre. De plus, même si Tachkent se trouve à moins de 2.000 km de Delhi, on a l'impression d'être de retour un Europe. Les Ouzbeks sont un peuple turc et musulman mais dans les rues du centre-ville, on ne voit pas de mosquée ni de femme voilée, les gens sont habillés à l'occidentale et les magasins et les restaurants ressemblent à ceux qu'on peut voir en Europe. En fait on a d'avantage l'impression de voyager dans le temps que dans l'espace quand on voit des vieilles Lada, des petites épiceries de quartier, les vêtements des gens ou la décoration de notre chambre d'hôtel de style années 50. A première vue on ressent surtout l'influence des 100 ans d'occupation russe. Ce n'est qu'en entendant la musique à la radio et en allant au bazar un peu à l'écart du centre que le côté oriental se dévoile.

 Un autre aspect que l'on ressent bien dans la ville c'est le régime dictatorial (le pays est dirigé par le président Karimov qui était déjà le premier secrétaire du parti communiste d'Ouzbékistan au temps de l'URSS). Dans le centre-ville, il y a beaucoup de gros bâtiments publics (théâtres, palais des congrès, parlement, sièges d'administrations...) dont on ne voit personne ni entrer ni sortir, de larges avenues de 8 voies en super état alors qu'il y a assez peu de voitures, de beaux magasins mais sans clients, de belles pelouses bien taillées, des massifs de fleurs et de grosses fontaines... mais on ne voit pas beaucoup de gens dans les rues. Tout cela donne un côté un peu artificiel. On a un peu l'impression d'être dans un décor de cinéma construit pour donner l'impression que le pays est riche, prospère et moderne. De plus, on est surpris par la forte présence policière. Nous n'avons jamais vu une telle densité de policiers, il y en a à tous les coins de rue. A l'entrée de chaque station de métro, des policiers fouillent les sacs et parfois contrôlent nos passeports et visa. Il y a aussi toujours un ou deux policiers sur les quais. A la gare également le dispositif de sécurité est similaire à celui d'un aéroport. En se baladant dans la rue, plusieurs fois des policiers nous bloquent l'entrée d'un parc ou nous demandent de traverser la route pour marcher sur le trottoir d'en face. Au bout de quelques heures, on ne sait plus trop ce qu'on à le droit de faire ou non, ce qui n'est pas hyper agréable comme sensation. On est loin de l'Inde où la liberté des gens va bien au-delà de la où s'arrête celle des autres !

Dans le répertoire des choses bizarres en Ouzbékistan, une des plus surprenante est la monnaie. Toutes les transactions se font en sums, la monnaie nationale, mais comme il y a beaucoup d'inflation, les gens ne veulent pas garder de grosses sommes en sums donc il y a une forte demande de dollars. En conséquence, il y a 2 taux de change : le taux officiel et le taux du marché noir, ces deux taux différant presque du simple au double. Du coup, en changeant son argent dans les banques ou les bureaux de change officiels, le prix du séjour en Ouzbékistan peut être presque multiplié par deux. Heureusement comme personne n'utilise le taux de change officiel, les banques permettent de retirer des dollars qui peuvent donc ainsi être convertis au marché noir plutôt que chez elles. (Au passage : on ne trouve pas de distributeurs automatiques en Ouzbékistan !) Autre conséquence de l'inflation, nous nous baladons toujours avec des liasses de billets plein le sac. En fait, le billet de sum le plus grand correspond à 20 cents d'euros donc dès qu'on change des dollars, ça nous prend une dizaine de minutes pour vérifier que le compte y est bien. Plutôt que de compter les billets, on se demande pourquoi ils ne vendent pas leur monnaie au kilo, ce serait quand même plus simple.

 

Randonnée à Chimgan

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Nous profitons également d'être à Tachkent pour faire une excursion d'une journée dans le coin de Chimgan qui se trouve à une heure de route. C'est une station de montagne de l'époque soviétique située au bord d'un lac et au pied d'une montagne culminant à 3300 mètres possédant également quelques pistes de ski. Comme les sentiers ne sont pas balisés et qu'il n'existe pas de carte détaillée de la région, nous nous joignons à un club de randonnée d'expats de Tachkent. En plus du guide d'origine russe, le groupe se compose de 7 expats dont un français, qui n'est autre que l'ambassadeur de France (contrairement aux idées reçues, il n'avait pas de Ferrero Rocher dans son sac !). Les gens du groupe sont très sympas et en discutant avec eux, nous apprenons pas mal de choses sur le pays et obtenons également quelques infos utiles pour nos prochaines étapes. Niveau paysages, l'endroit ressemble pas mal aux montagnes d'Europe avec des pâturage et des vaches, d'autant plus que comme on est au printemps, tout est très vert. Après plusieurs semaines en Inde, on apprécie énormément !

Plus de photos de Tachkent et ses environs

Basile

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09-05-2015

En tournée dans le Rajasthan

Pour la fin de notre voyage en Inde, nous passons une quinzaine de jours dans le Rajasthan, le pays des maharadjas, à l'ouest du pays. Au programme : visites de forteresses et palais, tous plus beaux les uns que les autres, mais aussi tours en bateau, en chameau, en rickshaw... (l'équivalent indien du métro-boulot-dodo!). Le tout rythmé par plusieurs visites d'ambassades à Delhi afin de faire faire nos deux visas manquants pour la suite - visa ouzbek et visa russe).

Jaipur la Rose

Entre deux missions « visa » à Delhi, nous partons pour une première excursion dans le Rajasthan, direction Jaipur et sa région.

Le Hawa Mahal à Jaipur Jaipur est dite la « Ville Rose » en raison de la couleur de ses bâtiments (en réalité c'est plutôt saumon défraîchi que rose, mais ça sonne moins bien). Capitale du Rajasthan, c'est une grande ville dynamique et vivante, où il y a plein de choses à voir, faire ou visiter – Basile a beaucoup aimé ; de mon côté j'en garde un souvenir moins enthousiaste (manque d'ambiance particulière, contrairement aux autres villes qu'on a visitées). On y visite notamment le Hawa Mahal (le Palais des Vents), dont la belle façade est emblématique de la ville, ainsi que le Jantar Mantar, un étonnant site regroupant des outils d'astronomie du 18e siècle ; pas de belles boussoles cuivrées, non, plutôt des cadrans solaires de 20m de haut façon Le Corbusier. Pas beau, donc, mais intéressant ! A une douzaine de kilomètres de Jaipur, on visite aussi l'impressionnante forteresse d'Amber, très bien conservée avec des détails typiques du Rajasthan comme de belles peintures de fines fleurs sur les murs ou encore une salle aux murs recouverts de petits miroirs (en verre de Belgique, apparemment à la mode à l'époque !). Notre guide montre malheureusement plus d'intérêt pour les installations électriques du son et lumière que pour la forteresse elle-même.

Après Jaipur, petite étape à Pushkar, une petite ville toute paisible aux murs de couleurs claires, bien agréable après l'agitation de Delhi et Jaipur. Seul moment de stress pour Basile : la rencontre avec une vache sournoise (cf. ci-dessous – attention, photo collector!). Aucun dommage à signaler :-)

Instinct de survie

Entre deux pauses-terrasses face au petit lac de Pushkar, on se rend à Ajmer, haut lieu de pèlerinage musulman, pour visiter la vieille ville et l'ancienne mosquée...et on fuit rapidement face à une attaque massive de touristes indiens armés de smartphones (les gens qui veulent nous prendre en photo, au début c'est marrant mais à la fin c'est pesant – surtout que ça peut durer très longtemps car en général toute la famille s'y met!).

De retour à Delhi, victoire !: nous récupérons enfin notre visa ouzbek ! (ça ne se fait pas sans peine : il faut d'abord patienter une heure dehors devant la guérite ouverte sur la rue qui sert de centre de visas, faire un aller-retour à l'autre bout de la ville pour déposer l'argent à la banque dans laquelle l'ambassade à un compte, revenir avec la preuve de dépôt, re-patienter plusieurs heures, re-donner des infos déjà indiquées, ...et enfin se présenter une dernière fois en fin de journée pour récupérer nos passeports !)

 

Vie de pacha à Udaipur

Notre deuxième excursion dans le Rajasthan commence par un train de nuit pour Udaipur. Dans notre compartiment à couchettes, nous rencontrons Krishna, un ingénieur indien francophile qui nous éclaire sur bien des mystères, à commencer par le fait que – question qu'on se posait depuis le début – oui, les conducteurs de tuk-tuk essaient AUSSI d'arnaquer les passagers indiens. Krishna est le premier vrai gentil qu'on rencontre en Inde (comprendre : sympa et désintéressé!) ; il nous emmène d'abord chez lui boire un thé puis nous reconduit dans le centre ville en voiture et nous donne quelques tuyaux pour notre séjour dans la région. Comme beaucoup d'autres personnes qu'on rencontrera en Inde, Krishna fait régulièrement la navette entre Delhi où il travaille et sa famille restée à Udaipur faute de moyen pour pouvoir habiter ensemble.

Udaipur a de petits airs de ville italienne avec un grand palais, de belles maisons, un lac, des revêtements de murs blancs ou jaune pâle qui retiennent la lumière du soir... (Udaipur est dite « la blanche »). Avec le palais du maharaja qui surplombe le lac et le Lake Palace, un palais « flottant » au milieu du lac désormais transformé en palace, on croirait que la ville a été construite comme un décor de film. Il fait beau, il fait chaud, l'endroit est touristique mais tranquille car c'est la basse saison... L'ambiance incite au farniente. Et ça tombe bien, il y a plein de beaux hôtels qui rentrent dans la catégorie « cadeau des 30 ans » !!! Après plusieurs visites de palais et un choix difficile, on se décide pour le Amet Haveli, un « petit » palais construit au 18e siècle par des proches du maharadja de l'époque, une grande chambre toute belle (et propre !), mais c'est surtout la vue magnifique sur le lac qui nous retient le plus (...ah oui, et aussi la petite piscine, idéale pour se rafraîchir quand il fait chaud avant un petit cocktail sur la terrasse surplombant le lac... Vie de rêve, oui oui !!)

Udaipur

Jodhpur la Bleue

Après Udaipur, on descend de notre nuage et on reprend la vie normale – et la route pour Jodphur. Au passage, on s'arrête visiter le temple de Ranakpur, un magnifique temple jaïn en marbre blanc, contenant des centaines de piliers sculptés. Presque aussi beau que le Taj Mahal !

Jodhpur est dite « la ville bleue » (et ici la couleur n'est pas usurpée, les murs sont incontestablement bleus). On y visite l'imposante forteresse en grès rouge qui surplombe la ville de 135m. En contrebas, la vieille ville est un dédale de ruelles où on rencontre marchands d'épices, enfants jouant à la balle, vaches, ados jouant au cricket, etc. On y trouve forcément beaucoup de maisons bleues – la couleur était à l'origine réservée à la caste des brahmanes mais elle a également une fonction d'éloignement des insectes.

 

Dans le désert à Jaisalmer

Pour se rendre à Jaisalmer, pas d'autre solution que de prendre un bus pour un long trajet à travers le désert (...un bus 2 en 1 !: Au-dessus des sièges, des compartiments vitrés servent de couchettes et les gens peuvent donc s'entasser sur 2 étages.)

A une petite centaine de kilomètres du Pakistan, la citadelle de Jaisalmer ressemble à un dessin d'enfant avec ses tours et ses créneaux. (Devinette : ses murs sont ocre, quel est donc le surnom de cette ville?*). Il y fait chaud, très chaud (entre 40 et 45°C). A l'intérieur de l'enceinte du fort, on trouve entre autres un palais et un ensemble de temples jaïns aux magnifiques colonnes sculptées.

On profite aussi d'être dans le coin pour aller faire un tour dans le désert du Thar, en partie en jeep, en partie à dos de chameau (pas top niveau confort mais mieux que l'éléphant de Thaïlande – la selle fait toute la différence!). Malgré le nombre impressionnant de pylônes électriques et d'éoliennes, ça reste beau, le désert s'étend à perte de vue et on croise plusieurs petites antilopes.

Promenade dans le désert...

Retour à Delhi

Dernière étape : retour vers Delhi en voiture. Au passage, petite halte à Deshnoke où on visite rapidement « le Temple des Rats »... A l'intérieur, des centaines de petits rats nourris par les fidèles vivent une vie épanouie et heureuse.

On passe ensuite deux jours à visiter le Shekawati, région connue pour ses villas (havelis) aux façades peintes de nombreuses fresques. La région s'est développée aux 18e-19e siècles grâce à la présence de riches commerçants d'épices et d'opium. Résultat : au milieu du désert, une dizaine de villages rassemblent leurs somptueuses havelis – souvent abandonnées et décrépies - aux façades décorées de motifs représentatifs de l'époque (vélos, trains, bateaux, portraits de commerçants indiens ou britanniques, éléphants, chevaux, bataillons de soldats...).

 

La fin de notre boucle dans le Rajasthan marque la fin de notre voyage en Inde – on ne reste ensuite que quelques jours à Delhi avant de prendre l'avion pour l'Ouzbékistan (où on se trouve actuellement, mais qu'on racontera plus tard!)

Emilie

 

* (la ville jaune)

Album "Rajasthan 1" (photos de Jaipur à Udaipur)

Album "Rajasthan 2" (photos de Jodhpur au Shekawati)

 

En bonus quelques photos d'animaux bien indiens 

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10-04-2015

Vallée du Gange : la suite !

Khajuraho

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Nous continuons notre voyage dans la vallée du Gange en nous rendant à Khajuraho, à 500 km à l'ouest de Varanasi. C'est une petite ville en plein milieu de la campagne qui abrite un groupe de temples construits entre le XIème et le XIIème siècles, classés au patrimoine mondial de l'UNESCO pour la richesse de leur sculptures. Dans la pratique, ils sont surtout célèbres pour leurs nombreuses sculptures érotiques même si celles-ci ne constituent qu'une petite proportions de l'ensemble.

A cette époque, les brahmanes et souverains du coin étaient des adeptes du tantrisme, une doctrine qui voit le sexe comme un moyen d'atteindre l'extase spirituelle. Le concept est plutôt sympa, c'est étonnant qu'il ne se soit pas répandu plus largement. J'imagine déjà à quoi ressemblerait «  Le Jour du Seigneur » sur France 2 le dimanche matin ! Les pubs pour les montes-escaliers et les prothèses auditives entre le sermon et l’eucharistie seraient remplacées par des pubs Durex et les enfants de cœur par des pom-pom girls en lingerie à dentelles.

...Bon assez rêvé, retour à la réalité. L'après-midi nous nous promenons dans le village en compagnie d'un habitant sympa qui s'improvise guide. C'est intéressant de voir que le village est vraiment divisé en quatre zones distinctes réservées à chacune de castes. Malheureusement même ici, pas facile de se balader tranquillement. Notre pseudo-guide ne nous lâche pas la grappe et se réinvente une vie toute les demi-heures, des enfants viennent mendier, un habitant nous accueille avec un thé mais s'empresse de nous montrer les trous dans le toit de sa maison, l'instituteur nous explique qu'il manque de fonds pour son école... Tous ont l'objectif d'attiser notre pitié pour récupérer un bout de notre portefeuille. Pas facile de distinguer le vrai du faux dans toutes ces histoires. Vu le nombre d'arnaqueurs qu'on croise tous les jours dans ce pays, on a du mal à croire qui que ce soit dès qu'il y a de l'argent en jeu.

 

Orchha:

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Le lendemain nous partons pour Orchha, une petite ville d'à peine 10 000 habitants en dehors des circuits touristiques classiques, qui abrite une belle forteresse entourée d'une petite rivière et dans laquelle se trouve deux grands palais des XVIe et XVIIe siècles dont l'un (le plus grand) n'a servi qu'une seule nuit pour accueillir l'empereur moghol. En arrivant à la gare, petite surprise du jour (en Inde, il y en a tous les jours) : des gens font leur lessive sur les rails ! Ils utilisent des robinets placés à coté des rails qui servent sûrement pour certaines tâches de maintenance des trains. Apparemment, ça n'étonne que nous, les autres voyageurs et le personnel de la gare s'en foutent royalement.

 Dans l'après-midi, une fois arrivé à Orchha, on se balade un peu dans la ville, puis le soir nous allons voir le son-et-lumières du château. Le spectacle est assez bien fait et pour une fois en Inde, il n'y a pas foule ; nous ne sommes que 8 spectateurs. Le spectacle est quand même interrompu une dizaine de minutes suite à une panne de courant histoire de nous rappeler dans quel pays nous sommes. Le lendemain, nous visitons les palais qui sont assez impressionnants par leur taille. Même si les pièces sont vides et que seules quelques fresques subsistent, c'est marrant de pouvoir se balader librement et de se perdre dans la centaine de pièces réparties sur quatre ou cinq étages. Sur les toits on voit aussi quelques espèces de grosses perruches vert fluo et des vautours. L'Inde est un pays surpeuplé mais ce n'est pas seulement vrai pour sa population humaine. De tous les pays que nous avons visités, c'est également celui où l'on voit le plus d'animaux en tous genre : singes, écureuils, vaches, chèvres, rats, toutes sortes d'oiseaux mais aussi moustiques, cafards et autres insectes.

 

Agra:

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Dernière étape avant Delhi, Agra, la ville du Taj Mahal. Nous nous rendons au Taj Mahal à 6h30 le matin (pas facile les vacances!) afin d'éviter la foule. Le bâtiment n'est pas visible de l’extérieur car il est entouré d'un mur, du coup on l'aperçoit tout d'un coup lorsqu'on franchit le portail d'entrée ce qui donne un effet un peu magique surtout avec légère brume du matin. D'un point de vue architectural, le bâtiment est magnifique. Il est entièrement en marbre blanc, les proportions des différents éléments sont parfaites et tout, y compris les jardins qui l'entourent, est parfaitement symétrique. Apparemment, la construction a mobilisé 20 000 personnes pendant une vingtaine d'années. Emilie l'a adoré, moi je l'ai trouvé super beau mais presque un peu ennuyeux tellement il est parfait et symétrique. En plus le bâtiment n'est pas très vivant. En même ce n'est pas étonnant pour un tombeau. De près aussi le monument est impressionnant. Il est recouvert de motifs réalisés avec des pierres colorées finement taillées qui ont été incrustées dans le marbre.

Autre site emblématique d'Agra, le Fort Rouge qui était la résidence des empereurs moghols aux XVIIe et XVIIIe siècle. C'est un complexe immense avec pleins de cours et de palais. Certains bâtiments sont entièrement en marbre avec des murs intérieurs incrustés de pierres semi-précieuses comme le Taj Mahal. Les pièces sont vides, donc la visite ne dure que quelques heures mais le site est vraiment immense. Le reste de la journée nous nous baladons un peu dans la ville, visitons un autre petit mausolée et admirons le Taj Mahal en fin de journée depuis un jardin sur la rive opposée de la rivière. Le lendemain, nous visitons Fatehpur Sikri à 40km d'Agra. Cette petite ville abrite un grand palais ainsi qu'une grande mosquée datant du XVIIe siècle. Un empereur moghol a voulu faire de cette ville la nouvelle capitale de l'empire mais après seulement 15 ans, ayant asséché la nappe phréatique, il dut retourner à Agra. Le palais est très grand mais pas très richement décoré on ressent bien qu'on est dans un palais dont la construction s'est arrêté avant la fin. La visite est intéressante mais ça ne vaut pas le Fort Rouge.

Hormis ces superbes sites historiques, la ville d'Agra en elle-même n'est ni belle, ni particulièrement intéressante. C'est une grande ville indienne assez banale avec a pleins de petits stands dans la rue et des ateliers d'artisans mais le tout dans un chaos invraisemblable. Même en faisant de gros efforts, pour un Européen c'est impossible d'imaginer le degré d'anarchie qui règne dans les villes indiennes. Il faut le voir pour le croire. En gros, la recette est plus ou moins la suivante : prenez Marseille, multipliez la densité de population par quatre, arrêtez d'entretenir les bâtiments et les rues pendant 20 ans, supprimez toutes signalisation sur la route (y compris les feux), rajoutez à cela une grève des éboueurs, sans oublier des vaches, des chèvres et des cochons en liberté et des mendiants. Avec tout cela vous arrivez plus ou moins à la moitié du niveau de bordel d'une ville indienne. D'ailleurs à Agra, on a eu la chance de tester la conduite à contre-sens sur une 4 voies avec terre-plein central !

Après cela, nous partons pour Delhi où quelques tâches moins marrantes nous attendent puisque nous devons faire nos visas ouzbek et russe pour nos prochains mois de voyage. Comme dernière surprise avant de prendre notre train pour Delhi à 6h du matin, on croise un groupe d'ânes sur le quai de la gare (normal, quoi !).

Plus de photos de la vallée du Gange

Basile

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05-04-2015

Bénarès – La Mecque des Hindous

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Première étape de notre périple dans la vallée du Gange :Varanasi (anciennement Bénarès), la ville la plus sacrée pour les hindous. Des millions de pèlerins de toute l'Inde viennent chaque année dans cette ville pour se purifier dans le Gange. Il y a des milliers de temples partout dans la ville mais étonnamment aucun d'entre eux n'est vraiment spectaculaire, la plupart font la taille d'une chapelle en France.

Dans la journée, le long des ghats (des escaliers qui descendent vers le fleuve), il y a un peu une ambiance de station balnéaire avec une promenade piétonne de plusieurs kilomètres, des familles qui flânent, du soleil et le fleuve large et calme...les vaches et leurs bouses en plus. Dans le reste de la ville c'est une autre histoire. La vieille ville est un enchevêtrement de petites ruelles où il est quasiment impossible de ne pas se perdre. Elles sont remplies de petits commerces qui n'ont pas dû beaucoup changer durant les 100 dernières années et bien sûr, Inde oblige, elles sont bondées de gens, de vaches et de motos qui essaient de se frayer un chemin.

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Surtout le plus intéressant à voir à Varanasi ce sont les cérémonies au bord du Gange. Tous les matins on peut voir les pèlerins faire leurs ablutions sur les ghats pour se laver de tous les péchés accumulés durant leurs vies passées. La pollution du fleuve n'a pas l'air d'entamer leur ferveur quand on voit les milliers de personnes qui s'y bousculent. Le soir, la rive du Gange est animée par des cérémonies religieuses avec de la musique, des danses et des prières et des gens déposant des bougies flottantes sur l'eau. Par contre n'imaginez pas une atmosphère de recueillement comme dans une cérémonie religieuse en Europe. Ici, comme toujours, c'est le bordel ! Pendant les sermons des brahmanes, les gens parlent entre eux, téléphonent, prennent des photos ou des vidéos, la musique nous semble être une cacophonie et toutes sortes d'arnaqueurs rodent pour extorquer de l'argent aux pèlerins et aux touristes. Deux secondes d'inattention et c'est foutu, vous vous retrouvez avec 5 types sur le dos qui vous réclament de l'argent : un religieux en costume qui vous accuse de l'avoir pris en photo, un autre qui vous a collé un point rouge sur le front en guise de bénédiction, un qui essai de vous mettre des pétales de fleurs dans la main, un chauffeur de taxi qui vous propose de vous emmener à une cérémonie beaucoup plus intéressante mais forcément à 10 km de là, et un dernier qui prétend que 10 mètres plus loin il faudra se déchausser mais qu'il peut garder vos chaussures moyennant rémunération bien sûr !

Autre cérémonial hindou, les crémations. L'atmosphère est assez impressionnante - encore plus quand il fait nuit. Il y a des crémations partout en Inde mais la particularité ici est qu'elles ont lieu en pleine ville et à grande échelle. Environ 200 personnes sont incinérées ici tous les jours sur un espace assez limité. Les bûchers ne sont espacés que de 3 à 5 mètres les uns des autres et il y a roulement permanent avec de nouveaux corps qui arrivent toutes les 5 minutes. Il paraîtrait que le feu ne s'est jamais arrêté ici depuis plusieurs millénaires. L'atmosphère est calme, un peu pesante, mais pas aussi triste qu'un enterrement chez nous. Personne ne pleure et les femmes de l'entourage du défunt ne sont pas autorisées à assister à la cérémonie. En plus de voir des corps brûlés, ce qui est assez troublant c'est de voir les considérations pratiques de la famille lorsqu'ils manipulent le corps durant la préparation du bûcher. Certaines familles ont acheté moins de bois que d'autres et du coup on voit qu'elles essaient de positionner le corps et le bois de manière optimale. Ça donne quand même parfois un petit côté préparation de barbecue.

Basile

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02-04-2015

De Pokhara à Muktinath – trek dans l'Himalaya

Après une grosse semaine dans la vallée de Kathmandu et la région de Gorkha, on arrive à Pokhara avec l'idée de randonner un peu dans la région.

Deuxième ville du pays, Pokhara est très touristique car c'est le point de départ de nombreux treks dans le massif des Anapurnas. Comme elle ne se situe qu'à 800 m, son climat y est très agréable. A part un lac artificiel mais joli et de beaux points de vue sur les montagnes (par temps dégagé uniquement), la ville en soi n'a aucun charme particulier, mais reste une étape sympa. Et qui dit ville touristique dit lits plus confortables, chiottes plus propres, possibilité d'acheter du chocolat et manger des pizzas... les petits bonheurs du quotidien :-)

Pokhara - Lac avec vue sur les montagnes

Après quelques jours à prendre des renseignements à droite et à gauche, on se décide finalement pour ce qui sera peut-être la meilleure partie de notre voyage : un trek de quelques jours dans le Mustang, sur la partie nord-ouest d'un célèbre chemin de randonnée faisant le tour du massif des Anapurnas. Beaucoup d'agences nous l'avaient déconseillé car une route ayant été récemment construite dans la région, la marche y est moins agréable, beaucoup de trafic de poids lourds soulevant la poussière à leur passage. Avec le recul, on soupçonne ces agences d'avoir voulu nous décourager car ce circuit, contrairement à d'autres, ne nécessite pas de guide ni de porteur. Au final on ne regrettera pas du tout notre choix car la grosse route poussiéreuse existe bel et bien, mais d'une part le trafic est comparable à celui d'une petite départementale française, d'autre part des sentiers balisés permettent de l'éviter quasiment partout - et surtout les paysages sont sensationnels.

Voici donc en résumé notre petite expédition dans l'Himalaya !

Jour 1 – Bus de Pokhara à Larjung, petit village qui sera notre point de départ. Une journée complète en bus sur des routes chaotiques, mais le voyage ne paraît finalement pas trop long grâce à la compagnie de personnages dont on se souviendra longtemps : une famille de Népalais en pèlerinage, un artiste hongrois en voyage d'étude pour sa thèse sur une religion tibétaine pré-bouddhique, un ancien hippie suisse d'une soixantaine d'années, ayant vécu aux quatre coins du monde et passé de la drogue à la méditation (on le croisera d'ailleurs quatre fois durant notre trek ! On s'est même demandé s'il ne nous suivait pas secrètement)... Épique !

Jour 2 – Même à 6h du matin, le réveil est magique – il suffit de tirer les rideaux pour voir les sommets enneigés par la fenêtre ! Cette première journée de marche est très agréable. Il fait beau, juste quelques nuages le matin mais rien de bien méchant, et le trajet reste relativement plat. On marche principalement dans le fond de la gorge de la Kali Gandraki, qui serait la plus profonde du monde. La rivière située à 2500 m d'altitude serpente dans un lit immense et caillouteux, entre des montagnes dont certaines s'élèvent à plus de 8000 m. La région est assez verte et les sommets enneigés restent visibles devant et derrière nous. L'après-midi, on atteint Marpha, joli petit village en pierres entouré de vergers de pommiers et d'abricotiers. Au menu du soir : curry de yack et cidre de pomme !

Jour 3 – Cette deuxième journée de marche est un peu plus dure que la première, mais les paysages traversés font oublier toute difficulté ! Sous un soleil éclatant, on continue de longer la rivière et de traverser de jolis villages. Quand on sort de la gorge pour arriver dans une vallée un peu plus large, le paysage est juste époustouflant, irréel. A 360° autour de nous se dressent des murs de montagnes enneigés dont les sommets ne se trouvent qu'à quelques kilomètres. Quelques heures de marche plus tard, les paysages deviennent de plus en plus secs. On fait finalement étape à Kagbeni, dernier petit village entouré de verdure avant la zone plus rude du nord. Réconfort bien mérité après 7 heures de marche : un thé épicé accompagné d'une sorte de gros chausson aux pommes et à la cannelle (trop bon!). La vue depuis le village de Kagbeni est splendide : large vallée, montagnes immenses, blancheur des sommets enneigés, verdure des champs en terrasses, et entre les deux des vallons arides gris ardoise. En arrière-plan on aperçoit le col de Thorung La (env. 5400m), très redouté des trekkeurs faisant le tour complet des Anapurnas car beaucoup doivent faire demi-tour sans avoir pu le franchir, en raison du mal des montagnes ou des mauvaises conditions climatiques.

Trek Mustang - Kagbeni avec le Nilgiri (7061m) dans le fond

Jour 4 Nous commençons la journée par une petite balade jusqu'à un village voisin qui offre de superbes vues de Kagbeni avec le Nilgiri en toile de fond (7061m). Là aussi le paysage est tellement beau qu'on a du mal a croire qu'on est pas en train de rêver. Ensuite, on entame la marche de Kagbeni à Jhong. A vol d'oiseau, seulement 6 km séparent ces deux étapes, mais une fois encore les paysages sont complètement différents. Juste au-dessus de Kagbeni, c'est le Haut-Mustang qui s'offre à nos yeux : grands espaces désertiques balayés par le vent, quelques chevaux en liberté, pierres, sommets enneigés en arrière-plan. Magnifique. Plus on avance et plus on se rapproche de la bordure neigeuse des montagnes. Vers midi, le temps se couvre et le vent se lève, mais on arrivera finalement au sec à Jhong, petit village tibétain perdu au milieu de nulle part. On y croise des hommes s'entraînant à tirer à l'arc, des femmes faisant la lessive aux fontaines publiques et une fanfare ambulante de percussions. Jhong est situé à 3600 m d'altitude, et ça se sent ! Chaque pas devient plus pénible, respirer demande un effort et on dort moins paisiblement.

Alors que nous cherchons un hébergement (ce qui à Jhong ne court pas les rues...), un moine bouddhiste nous propose de nous loger dans un bâtiment récent accolé à son petit monastère – apparemment un endroit destiné à héberger les moines en été lorsqu'ils sont plus nombreux. Pour le moment le bâtiment est vide mais la chambre est tout confort !

Il fait de plus en plus froid, et on ne regrette pas d'avoir loué des doudounes avant de partir...

Jour 5 – Surprise du matin : il neige ! Des moines en baskets nous accompagnent un bout du chemin. Au bout de 2 bonnes heures dans des paysages rudes et enneigés, on arrive à Muktinath (encore un lieu de pèlerinage hindou!). Notre idée initiale était de continuer à se promener dans les environs mais avec la neige qui risque de compromettre la descente des jeeps, on préfère sécuriser notre retour et redescendre au plus tôt. Quelques heures plus tard, on se retrouve à Jomsom sous une pluie battante à attendre le prochain bus qui nous permettra de nous rapprocher au maximum de Pokhara. On profite de l'attente pour manger des momos, spécialité népalaise (de gros raviolis fourrés aux légumes ou à la viande et servis avec du ketchup). La nuit tombée, on arrive - trempés- dans le petit village de Ghasa. Dans l'auberge, malheureusement pas de douche chaude mais la gérante a pitié de nous et nous monte 2 seaux d'eau chaude.

Jour 6 – Après un nouveau long trajet en bus, on finit par arriver à Pokhara, bien fatigués mais sur un petit nuage... Il fait de nouveau beau et chaud, et on savoure la « vraie » douche de l'hôtel !

 

Bilan : c'était fabuleux - peut-être les plus beaux paysages que l'on ait jamais vus ! Sans conteste un des meilleurs moments du voyage !

Plus de photos de Pokhara et de notre trek dans l'Himalaya.

 

Emilie et Basile

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22-03-2015

La vallée de Katmandu

Patan - Centre ville

Le 15 mars au petit matin nous arrivons à Katmandu. Le voyage depuis Darjeeling aura quand même duré 24h au total. Les deux premières choses qui nous surprennent lorsque nous sommes dans le taxi sont que la plupart des rues de la villes ne sont pas goudronnées et complètement défoncées et que énormément de gens portent un masque devant la bouche et le nez. Même si l'air pur des montagnes n'est pas loin, celui de Katmandu est hyper pollué. La ville n'est pas trop développée mais sa situation au fond d'une vallée fait que les gaz d'échappement et autres restent bloqués au dessus de la ville. Par facilité et par flemme, nous nous installons dans le quartier touristique de la ville, Thamel, qui concentre dans une dizaine de rues des centaines d’hôtels, restaurants, agence de trekking, magasins d'équipement de montagne ou de souvenirs les uns à coté des autres et des vendeurs et/ou taxis qui harcèlent les passants tous les 10 mètres. Bref l'ambiance n'est pas très népalaise, on croise surtout des Occidentaux et des Chinois.

Après quelques heures de repos, nous partons faire un tour dans le centre historique. On ne s'était pas vraiment renseigné sur le pays avant d'y aller donc quand on pensait au Népal, on imaginait surtout des montagnes. Là, quelle bonne surprise ! Il y a plein de beaux bâtiments anciens en briques et avec des fenêtres en bois sculptées, des petits temples, des pagodes, le tout dans de petites rues piétonnes avec des ateliers d'artisans et des stands de rue.

Dans la vallée de Katmandu, nous avons également visité les villes de Patan et Bhaktapur dont le centre-ville est encore plus beau que celui de Katmandu. Il y a là un peu une ambiance de ville italienne avec de grandes places, des rues piétonnes pavées et quelques terrasses où boire un verre. La plupart des bâtiments anciens des villes de la vallée ont été construits entre le XIVe et le XVIIIe siècle, période durant laquelle les trois villes de la vallée étaient des principautés rivales. Comme le Népal est un pays pauvre et que le tourisme est à peu près le seul secteur d'activité prospère, les pouvoirs publiques font de gros efforts pour conserver et mettre en valeur leur patrimoine. La contrepartie est que les étrangers doivent s'acquitter d'un droit d'entrer pour accéder à certaines zones des centre-villes.

Stupa Swayambhu

Les autres grands sites d'intérêt de la ville sont les sites religieux. Coté bouddhiste, il y a deux grands stupas blancs avec des yeux : Swayambhu et Boudhanath. Le premier est d'avantage vénéré par les bouddhistes népalais, tandis que le second est le fief des réfugiés tibétains. Les sites religieux bouddhistes sont les plus beaux, mais en terme d'atmosphère c'est quand même les sites hindous qui sont les plus impressionnants. 85% des Népalais sont hindouistes contre seulement 10% de bouddhistes (surtout dans les régions montagneuses reculées proche du Tibet) mais les deux religions coexistent bien. Les hindouistes se rendent également sur les sites bouddhistes et vice versa.

Les ghats (escaliers qui descendent vers un cours d'eau utilisés pour les ablutions rituelles) de Katmandu sont assez spéciaux puisque bien qu'étant un site sacré, ils sont aussi utilisés comme décharge publique. Des bidonvilles sont construits tout autour et les temples sont squattés par des familles pauvres qui y vivent avec leur animaux. Néanmoins le site hindou qui nous a le plus impressionné est Pashupatinath. C'est un complexe de temples et de ghats situé en banlieue de Katmandu et qui est le lieu hindou le plus sacré du Népal. C'est également le principal site de crémation de la ville. Sacrifices de chèvres, crémations, saddhus habillés en orange ou presque à poil, le corps recouvert de cendres, hommes au crane rasé qui prennent des bains rituels, tout cela rend l'atmosphère vraiment spéciale et impressionnante mais difficilement descriptible. Quelque heures plus tard, de retour dans le quartier touristique, on a l'impression d'avoir vécu quelque chose d'irréel ou d'être de retour d'une autre planète.

Bandipur

Après 5 jours nous prenons la route vers l'ouest direction Pokhara. En chemin nous nous arrêtons quelques jour dans deux petites villes historiques du centre du pays, Gorkha et Bandipur, histoire de voir à quoi ressemble le cœur rural du pays. Les deux villes sont entourées de collines abruptes recouvertes de rizières en terrasse, ce qui permet de belles balades. L'autre intérêt de ces villes est qu'elles offrent un beau point de vue sur les montagnes de l'Himalaya. Malheureusement, en 3 jours nous n'auront pas la chance de les voir. Malgré le beau temps, l'air est trop brumeux à cause de la chaleur. Le fait d'être dans des endroits un peu moins touristiques permet également plus d'échanges avec de « vrais » Népalais. Les Népalais aiment bien taper la discute avec les touristes et sont assez curieux de la culture occidentale. Le point qui revient souvent est qu'ils n'arrivent pas comprendre le fait d'être en couple sans être marié. Mais surtout, ce qui les intéresse le plus sur la France est les conditions d'obtention d'un visa de travail en France. La plupart des jeunes que nous rencontrons sont assez désespérés de ne pas trouver de travail au Népal, même pour ceux qui sont diplômés. Ils rêvent tous d'être soit fonctionnaires, soit de partir bosser à l'étranger. En fait la moitié des Népalais sont au chômage ou vivent de petits boulots irrégulier. Un restaurateur de Gorkha nous explique que toutes les constructions récentes de la ville appartiennent à des Népalais qui sont partis soit comme militaires dans les armées anglaise et indienne, soit pour travailler sur des chantiers dans les pays du Golfe.

Plus de photos de la vallée de Katmandu et du centre du Népal

Basile

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14-03-2015

Darjeeling – un petit avant-goût du Népal

Gros coup de cœur pour Darjeeling ! Après Calcutta, la ville semble toute paisible, perchée dans les montagnes et entourée de plantations de thé. Il y fait aussi plus frais et on laisse (momentanément!) tomber les tongs... Des petites ruelles bordées de hautes maisons donnent une ambiance « ville de montagne » assez marquée, mais avec les petits escaliers et le brouillard qui entoure la crête, on pourrait aussi se croire sur une île. On trouve aussi beaucoup de petites maisons colorées, des bâtiments coloniaux et des sentiers boisés. Ils ont même pensé à mettre des drapeaux tibétains et des arbres à fleurs rouges (rhododendrons) pour nos photos !

darjeeling

Notre première nuit ici est super courte : on se lève à 3h30 (argh) pour se rendre sur un promontoire à proximité de la ville et observer le lever de soleil sur les sommets enneigés de l'Himalaya qu'on aperçoit au loin (notamment le Mont Kanchenjunga qui culmine à près de 8600 m et se trouve à environ 70 km en face de Darjeeling). Spectacle superbe en soi mas un peu gâché par le froid et surtout par la foule de touristes, principalement indiens, qui se presse contre les balustrades pour tenter d'avoir une meilleure vue (Les Indiens sont redoutables en écrasement d'autres personnes contre des barrières et leur technique de dépassement dans les files est imbattable.) En hiver et par temps dégagé, les montagnes enneigées sont normalement visibles depuis Darjeeling même (en tous cas selon les cartes postales), mais durant nos trois jours sur place, un brouillard persistant nous empêchera malheureusement de les revoir, au désespoir de Basile.

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L'après-midi de cette même première journée, on emprunte le «Toy train », un petit train touristique – 2 wagons tirés par une locomotive à vapeur - qui suit le chemin de fer construit à la fin du 19e siècle et nous emmène jusqu'à une petite ville voisine. L'intérêt du circuit est normalement la vue sur les montagnes, mais le temps brumeux nous laisse un peu sur notre faim.

Incontournable à Darjeeling, on visite aussi une plantation de thé et on apprend au passage que le thé noir, le thé vert et le thé blanc sont faits à partir des mêmes feuilles mais que leur différence vient surtout de la durée d'oxydation qu'ils subissent, ainsi que de la taille de leurs feuilles. Le thé blanc provient de jeunes feuilles qui ne subiront pas d'oxydation et seront vendues quasiment entières.

Autre visite moins touristique mais qui s'inscrit dans notre série « découvrons les hôpitaux et médecins du monde entier » : une consultation chez un dermatologue pour cause de boutons rouges suspects et démangeaisons sur les bras et les jambes. La consultation se passe dans une minuscule pièce au bas d'un immeuble un peu glauque, dans une ruelle sombre et sale. Pendant la consultation, le dermatologue, en doudoune noire et bonnet moumoute, demande à son assistante d'être présente car je dois lui montrer mon bras et mon dos. Il diagnostique une allergie à mon savon – acheté en Inde la semaine précédente. Comme en Malaisie et en Birmanie, les médicaments sont distribués à l'unité. Coût de la consultation : 300 roupies (environ 4,50 euros). Au bout d'une semaine, tout a en effet disparu. Gros soulagement de savoir que les boutons ne venaient donc pas d'une punaise de lit ou autre bestiole piquante qui se serait cachée dans mes affaires !

Cerise sur le gâteau de notre séjour à Darjeeling, il y a là-bas un super salon de thé qui propose (entre autres) des pâtisseries au chocolat, et dont l'ambiance s'accorde finalement très bien avec un temps un peu brumeux ! Peut-être un de mes meilleurs souvenirs de Darjeeling :-) J'aurais facilement pu y passer une semaine complète - Basile a bien aimé aussi, mais 3 jours lui ont suffi - mais le Népal nous appelle...

D'autres photos du nord-est de l'Inde

Emilie

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