Patan - Centre ville

Le 15 mars au petit matin nous arrivons à Katmandu. Le voyage depuis Darjeeling aura quand même duré 24h au total. Les deux premières choses qui nous surprennent lorsque nous sommes dans le taxi sont que la plupart des rues de la villes ne sont pas goudronnées et complètement défoncées et que énormément de gens portent un masque devant la bouche et le nez. Même si l'air pur des montagnes n'est pas loin, celui de Katmandu est hyper pollué. La ville n'est pas trop développée mais sa situation au fond d'une vallée fait que les gaz d'échappement et autres restent bloqués au dessus de la ville. Par facilité et par flemme, nous nous installons dans le quartier touristique de la ville, Thamel, qui concentre dans une dizaine de rues des centaines d’hôtels, restaurants, agence de trekking, magasins d'équipement de montagne ou de souvenirs les uns à coté des autres et des vendeurs et/ou taxis qui harcèlent les passants tous les 10 mètres. Bref l'ambiance n'est pas très népalaise, on croise surtout des Occidentaux et des Chinois.

Après quelques heures de repos, nous partons faire un tour dans le centre historique. On ne s'était pas vraiment renseigné sur le pays avant d'y aller donc quand on pensait au Népal, on imaginait surtout des montagnes. Là, quelle bonne surprise ! Il y a plein de beaux bâtiments anciens en briques et avec des fenêtres en bois sculptées, des petits temples, des pagodes, le tout dans de petites rues piétonnes avec des ateliers d'artisans et des stands de rue.

Dans la vallée de Katmandu, nous avons également visité les villes de Patan et Bhaktapur dont le centre-ville est encore plus beau que celui de Katmandu. Il y a là un peu une ambiance de ville italienne avec de grandes places, des rues piétonnes pavées et quelques terrasses où boire un verre. La plupart des bâtiments anciens des villes de la vallée ont été construits entre le XIVe et le XVIIIe siècle, période durant laquelle les trois villes de la vallée étaient des principautés rivales. Comme le Népal est un pays pauvre et que le tourisme est à peu près le seul secteur d'activité prospère, les pouvoirs publiques font de gros efforts pour conserver et mettre en valeur leur patrimoine. La contrepartie est que les étrangers doivent s'acquitter d'un droit d'entrer pour accéder à certaines zones des centre-villes.

Stupa Swayambhu

Les autres grands sites d'intérêt de la ville sont les sites religieux. Coté bouddhiste, il y a deux grands stupas blancs avec des yeux : Swayambhu et Boudhanath. Le premier est d'avantage vénéré par les bouddhistes népalais, tandis que le second est le fief des réfugiés tibétains. Les sites religieux bouddhistes sont les plus beaux, mais en terme d'atmosphère c'est quand même les sites hindous qui sont les plus impressionnants. 85% des Népalais sont hindouistes contre seulement 10% de bouddhistes (surtout dans les régions montagneuses reculées proche du Tibet) mais les deux religions coexistent bien. Les hindouistes se rendent également sur les sites bouddhistes et vice versa.

Les ghats (escaliers qui descendent vers un cours d'eau utilisés pour les ablutions rituelles) de Katmandu sont assez spéciaux puisque bien qu'étant un site sacré, ils sont aussi utilisés comme décharge publique. Des bidonvilles sont construits tout autour et les temples sont squattés par des familles pauvres qui y vivent avec leur animaux. Néanmoins le site hindou qui nous a le plus impressionné est Pashupatinath. C'est un complexe de temples et de ghats situé en banlieue de Katmandu et qui est le lieu hindou le plus sacré du Népal. C'est également le principal site de crémation de la ville. Sacrifices de chèvres, crémations, saddhus habillés en orange ou presque à poil, le corps recouvert de cendres, hommes au crane rasé qui prennent des bains rituels, tout cela rend l'atmosphère vraiment spéciale et impressionnante mais difficilement descriptible. Quelque heures plus tard, de retour dans le quartier touristique, on a l'impression d'avoir vécu quelque chose d'irréel ou d'être de retour d'une autre planète.

Bandipur

Après 5 jours nous prenons la route vers l'ouest direction Pokhara. En chemin nous nous arrêtons quelques jour dans deux petites villes historiques du centre du pays, Gorkha et Bandipur, histoire de voir à quoi ressemble le cœur rural du pays. Les deux villes sont entourées de collines abruptes recouvertes de rizières en terrasse, ce qui permet de belles balades. L'autre intérêt de ces villes est qu'elles offrent un beau point de vue sur les montagnes de l'Himalaya. Malheureusement, en 3 jours nous n'auront pas la chance de les voir. Malgré le beau temps, l'air est trop brumeux à cause de la chaleur. Le fait d'être dans des endroits un peu moins touristiques permet également plus d'échanges avec de « vrais » Népalais. Les Népalais aiment bien taper la discute avec les touristes et sont assez curieux de la culture occidentale. Le point qui revient souvent est qu'ils n'arrivent pas comprendre le fait d'être en couple sans être marié. Mais surtout, ce qui les intéresse le plus sur la France est les conditions d'obtention d'un visa de travail en France. La plupart des jeunes que nous rencontrons sont assez désespérés de ne pas trouver de travail au Népal, même pour ceux qui sont diplômés. Ils rêvent tous d'être soit fonctionnaires, soit de partir bosser à l'étranger. En fait la moitié des Népalais sont au chômage ou vivent de petits boulots irrégulier. Un restaurateur de Gorkha nous explique que toutes les constructions récentes de la ville appartiennent à des Népalais qui sont partis soit comme militaires dans les armées anglaise et indienne, soit pour travailler sur des chantiers dans les pays du Golfe.

Plus de photos de la vallée de Katmandu et du centre du Népal

Basile