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Première étape de notre périple dans la vallée du Gange :Varanasi (anciennement Bénarès), la ville la plus sacrée pour les hindous. Des millions de pèlerins de toute l'Inde viennent chaque année dans cette ville pour se purifier dans le Gange. Il y a des milliers de temples partout dans la ville mais étonnamment aucun d'entre eux n'est vraiment spectaculaire, la plupart font la taille d'une chapelle en France.

Dans la journée, le long des ghats (des escaliers qui descendent vers le fleuve), il y a un peu une ambiance de station balnéaire avec une promenade piétonne de plusieurs kilomètres, des familles qui flânent, du soleil et le fleuve large et calme...les vaches et leurs bouses en plus. Dans le reste de la ville c'est une autre histoire. La vieille ville est un enchevêtrement de petites ruelles où il est quasiment impossible de ne pas se perdre. Elles sont remplies de petits commerces qui n'ont pas dû beaucoup changer durant les 100 dernières années et bien sûr, Inde oblige, elles sont bondées de gens, de vaches et de motos qui essaient de se frayer un chemin.

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Surtout le plus intéressant à voir à Varanasi ce sont les cérémonies au bord du Gange. Tous les matins on peut voir les pèlerins faire leurs ablutions sur les ghats pour se laver de tous les péchés accumulés durant leurs vies passées. La pollution du fleuve n'a pas l'air d'entamer leur ferveur quand on voit les milliers de personnes qui s'y bousculent. Le soir, la rive du Gange est animée par des cérémonies religieuses avec de la musique, des danses et des prières et des gens déposant des bougies flottantes sur l'eau. Par contre n'imaginez pas une atmosphère de recueillement comme dans une cérémonie religieuse en Europe. Ici, comme toujours, c'est le bordel ! Pendant les sermons des brahmanes, les gens parlent entre eux, téléphonent, prennent des photos ou des vidéos, la musique nous semble être une cacophonie et toutes sortes d'arnaqueurs rodent pour extorquer de l'argent aux pèlerins et aux touristes. Deux secondes d'inattention et c'est foutu, vous vous retrouvez avec 5 types sur le dos qui vous réclament de l'argent : un religieux en costume qui vous accuse de l'avoir pris en photo, un autre qui vous a collé un point rouge sur le front en guise de bénédiction, un qui essai de vous mettre des pétales de fleurs dans la main, un chauffeur de taxi qui vous propose de vous emmener à une cérémonie beaucoup plus intéressante mais forcément à 10 km de là, et un dernier qui prétend que 10 mètres plus loin il faudra se déchausser mais qu'il peut garder vos chaussures moyennant rémunération bien sûr !

Autre cérémonial hindou, les crémations. L'atmosphère est assez impressionnante - encore plus quand il fait nuit. Il y a des crémations partout en Inde mais la particularité ici est qu'elles ont lieu en pleine ville et à grande échelle. Environ 200 personnes sont incinérées ici tous les jours sur un espace assez limité. Les bûchers ne sont espacés que de 3 à 5 mètres les uns des autres et il y a roulement permanent avec de nouveaux corps qui arrivent toutes les 5 minutes. Il paraîtrait que le feu ne s'est jamais arrêté ici depuis plusieurs millénaires. L'atmosphère est calme, un peu pesante, mais pas aussi triste qu'un enterrement chez nous. Personne ne pleure et les femmes de l'entourage du défunt ne sont pas autorisées à assister à la cérémonie. En plus de voir des corps brûlés, ce qui est assez troublant c'est de voir les considérations pratiques de la famille lorsqu'ils manipulent le corps durant la préparation du bûcher. Certaines familles ont acheté moins de bois que d'autres et du coup on voit qu'elles essaient de positionner le corps et le bois de manière optimale. Ça donne quand même parfois un petit côté préparation de barbecue.

Basile