Tachkent

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Même si certains voyageurs n'hésitent pas à traverser le Pakistan et l’Afghanistan par voie terrestre, nous préférons survoler ces deux pays. Notre point de départ en Ouzbékistan sera donc Tachkent, la capitale. Avec plus de 2 millions d'habitants, c'est la plus grande ville d'Asie Centrale. Pour autant nous ne savons pas trop à quoi nous attendre tant on n'en parle jamais en Europe. Sur le papier, la ville a tout pour être horrible et décrépie ; le pays n'est pas très riche et Tachkent a été quasiment entièrement détruite par un séisme en 1966 puis reconstruite dans la foulée par les soviétiques. Au final la ville est assez développée et, aussi surprenant que cela puisse paraître, nous l'avons trouvée agréable et reposante (peut-être les séquelles de plusieurs semaines en Inde).

Tachkent n'est pas belle en soi - l'architecture consiste en une alternance de blocs de style soviétique type HLM et de gros bâtiments récents d'assez mauvais goût avec façade en marbre et verre bleu flashy - mais elle est très verte avec des arbres le long des avenues, des pelouses et des parcs un peu partout ; du coup cela ne provoque pas la nausée à laquelle on pourrait s'attendre. De plus, même si Tachkent se trouve à moins de 2.000 km de Delhi, on a l'impression d'être de retour un Europe. Les Ouzbeks sont un peuple turc et musulman mais dans les rues du centre-ville, on ne voit pas de mosquée ni de femme voilée, les gens sont habillés à l'occidentale et les magasins et les restaurants ressemblent à ceux qu'on peut voir en Europe. En fait on a d'avantage l'impression de voyager dans le temps que dans l'espace quand on voit des vieilles Lada, des petites épiceries de quartier, les vêtements des gens ou la décoration de notre chambre d'hôtel de style années 50. A première vue on ressent surtout l'influence des 100 ans d'occupation russe. Ce n'est qu'en entendant la musique à la radio et en allant au bazar un peu à l'écart du centre que le côté oriental se dévoile.

 Un autre aspect que l'on ressent bien dans la ville c'est le régime dictatorial (le pays est dirigé par le président Karimov qui était déjà le premier secrétaire du parti communiste d'Ouzbékistan au temps de l'URSS). Dans le centre-ville, il y a beaucoup de gros bâtiments publics (théâtres, palais des congrès, parlement, sièges d'administrations...) dont on ne voit personne ni entrer ni sortir, de larges avenues de 8 voies en super état alors qu'il y a assez peu de voitures, de beaux magasins mais sans clients, de belles pelouses bien taillées, des massifs de fleurs et de grosses fontaines... mais on ne voit pas beaucoup de gens dans les rues. Tout cela donne un côté un peu artificiel. On a un peu l'impression d'être dans un décor de cinéma construit pour donner l'impression que le pays est riche, prospère et moderne. De plus, on est surpris par la forte présence policière. Nous n'avons jamais vu une telle densité de policiers, il y en a à tous les coins de rue. A l'entrée de chaque station de métro, des policiers fouillent les sacs et parfois contrôlent nos passeports et visa. Il y a aussi toujours un ou deux policiers sur les quais. A la gare également le dispositif de sécurité est similaire à celui d'un aéroport. En se baladant dans la rue, plusieurs fois des policiers nous bloquent l'entrée d'un parc ou nous demandent de traverser la route pour marcher sur le trottoir d'en face. Au bout de quelques heures, on ne sait plus trop ce qu'on à le droit de faire ou non, ce qui n'est pas hyper agréable comme sensation. On est loin de l'Inde où la liberté des gens va bien au-delà de la où s'arrête celle des autres !

Dans le répertoire des choses bizarres en Ouzbékistan, une des plus surprenante est la monnaie. Toutes les transactions se font en sums, la monnaie nationale, mais comme il y a beaucoup d'inflation, les gens ne veulent pas garder de grosses sommes en sums donc il y a une forte demande de dollars. En conséquence, il y a 2 taux de change : le taux officiel et le taux du marché noir, ces deux taux différant presque du simple au double. Du coup, en changeant son argent dans les banques ou les bureaux de change officiels, le prix du séjour en Ouzbékistan peut être presque multiplié par deux. Heureusement comme personne n'utilise le taux de change officiel, les banques permettent de retirer des dollars qui peuvent donc ainsi être convertis au marché noir plutôt que chez elles. (Au passage : on ne trouve pas de distributeurs automatiques en Ouzbékistan !) Autre conséquence de l'inflation, nous nous baladons toujours avec des liasses de billets plein le sac. En fait, le billet de sum le plus grand correspond à 20 cents d'euros donc dès qu'on change des dollars, ça nous prend une dizaine de minutes pour vérifier que le compte y est bien. Plutôt que de compter les billets, on se demande pourquoi ils ne vendent pas leur monnaie au kilo, ce serait quand même plus simple.

 

Randonnée à Chimgan

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Nous profitons également d'être à Tachkent pour faire une excursion d'une journée dans le coin de Chimgan qui se trouve à une heure de route. C'est une station de montagne de l'époque soviétique située au bord d'un lac et au pied d'une montagne culminant à 3300 mètres possédant également quelques pistes de ski. Comme les sentiers ne sont pas balisés et qu'il n'existe pas de carte détaillée de la région, nous nous joignons à un club de randonnée d'expats de Tachkent. En plus du guide d'origine russe, le groupe se compose de 7 expats dont un français, qui n'est autre que l'ambassadeur de France (contrairement aux idées reçues, il n'avait pas de Ferrero Rocher dans son sac !). Les gens du groupe sont très sympas et en discutant avec eux, nous apprenons pas mal de choses sur le pays et obtenons également quelques infos utiles pour nos prochaines étapes. Niveau paysages, l'endroit ressemble pas mal aux montagnes d'Europe avec des pâturage et des vaches, d'autant plus que comme on est au printemps, tout est très vert. Après plusieurs semaines en Inde, on apprécie énormément !

Plus de photos de Tachkent et ses environs

Basile