Après une grosse semaine dans la vallée de Kathmandu et la région de Gorkha, on arrive à Pokhara avec l'idée de randonner un peu dans la région.

Deuxième ville du pays, Pokhara est très touristique car c'est le point de départ de nombreux treks dans le massif des Anapurnas. Comme elle ne se situe qu'à 800 m, son climat y est très agréable. A part un lac artificiel mais joli et de beaux points de vue sur les montagnes (par temps dégagé uniquement), la ville en soi n'a aucun charme particulier, mais reste une étape sympa. Et qui dit ville touristique dit lits plus confortables, chiottes plus propres, possibilité d'acheter du chocolat et manger des pizzas... les petits bonheurs du quotidien :-)

Pokhara - Lac avec vue sur les montagnes

Après quelques jours à prendre des renseignements à droite et à gauche, on se décide finalement pour ce qui sera peut-être la meilleure partie de notre voyage : un trek de quelques jours dans le Mustang, sur la partie nord-ouest d'un célèbre chemin de randonnée faisant le tour du massif des Anapurnas. Beaucoup d'agences nous l'avaient déconseillé car une route ayant été récemment construite dans la région, la marche y est moins agréable, beaucoup de trafic de poids lourds soulevant la poussière à leur passage. Avec le recul, on soupçonne ces agences d'avoir voulu nous décourager car ce circuit, contrairement à d'autres, ne nécessite pas de guide ni de porteur. Au final on ne regrettera pas du tout notre choix car la grosse route poussiéreuse existe bel et bien, mais d'une part le trafic est comparable à celui d'une petite départementale française, d'autre part des sentiers balisés permettent de l'éviter quasiment partout - et surtout les paysages sont sensationnels.

Voici donc en résumé notre petite expédition dans l'Himalaya !

Jour 1 – Bus de Pokhara à Larjung, petit village qui sera notre point de départ. Une journée complète en bus sur des routes chaotiques, mais le voyage ne paraît finalement pas trop long grâce à la compagnie de personnages dont on se souviendra longtemps : une famille de Népalais en pèlerinage, un artiste hongrois en voyage d'étude pour sa thèse sur une religion tibétaine pré-bouddhique, un ancien hippie suisse d'une soixantaine d'années, ayant vécu aux quatre coins du monde et passé de la drogue à la méditation (on le croisera d'ailleurs quatre fois durant notre trek ! On s'est même demandé s'il ne nous suivait pas secrètement)... Épique !

Jour 2 – Même à 6h du matin, le réveil est magique – il suffit de tirer les rideaux pour voir les sommets enneigés par la fenêtre ! Cette première journée de marche est très agréable. Il fait beau, juste quelques nuages le matin mais rien de bien méchant, et le trajet reste relativement plat. On marche principalement dans le fond de la gorge de la Kali Gandraki, qui serait la plus profonde du monde. La rivière située à 2500 m d'altitude serpente dans un lit immense et caillouteux, entre des montagnes dont certaines s'élèvent à plus de 8000 m. La région est assez verte et les sommets enneigés restent visibles devant et derrière nous. L'après-midi, on atteint Marpha, joli petit village en pierres entouré de vergers de pommiers et d'abricotiers. Au menu du soir : curry de yack et cidre de pomme !

Jour 3 – Cette deuxième journée de marche est un peu plus dure que la première, mais les paysages traversés font oublier toute difficulté ! Sous un soleil éclatant, on continue de longer la rivière et de traverser de jolis villages. Quand on sort de la gorge pour arriver dans une vallée un peu plus large, le paysage est juste époustouflant, irréel. A 360° autour de nous se dressent des murs de montagnes enneigés dont les sommets ne se trouvent qu'à quelques kilomètres. Quelques heures de marche plus tard, les paysages deviennent de plus en plus secs. On fait finalement étape à Kagbeni, dernier petit village entouré de verdure avant la zone plus rude du nord. Réconfort bien mérité après 7 heures de marche : un thé épicé accompagné d'une sorte de gros chausson aux pommes et à la cannelle (trop bon!). La vue depuis le village de Kagbeni est splendide : large vallée, montagnes immenses, blancheur des sommets enneigés, verdure des champs en terrasses, et entre les deux des vallons arides gris ardoise. En arrière-plan on aperçoit le col de Thorung La (env. 5400m), très redouté des trekkeurs faisant le tour complet des Anapurnas car beaucoup doivent faire demi-tour sans avoir pu le franchir, en raison du mal des montagnes ou des mauvaises conditions climatiques.

Trek Mustang - Kagbeni avec le Nilgiri (7061m) dans le fond

Jour 4 Nous commençons la journée par une petite balade jusqu'à un village voisin qui offre de superbes vues de Kagbeni avec le Nilgiri en toile de fond (7061m). Là aussi le paysage est tellement beau qu'on a du mal a croire qu'on est pas en train de rêver. Ensuite, on entame la marche de Kagbeni à Jhong. A vol d'oiseau, seulement 6 km séparent ces deux étapes, mais une fois encore les paysages sont complètement différents. Juste au-dessus de Kagbeni, c'est le Haut-Mustang qui s'offre à nos yeux : grands espaces désertiques balayés par le vent, quelques chevaux en liberté, pierres, sommets enneigés en arrière-plan. Magnifique. Plus on avance et plus on se rapproche de la bordure neigeuse des montagnes. Vers midi, le temps se couvre et le vent se lève, mais on arrivera finalement au sec à Jhong, petit village tibétain perdu au milieu de nulle part. On y croise des hommes s'entraînant à tirer à l'arc, des femmes faisant la lessive aux fontaines publiques et une fanfare ambulante de percussions. Jhong est situé à 3600 m d'altitude, et ça se sent ! Chaque pas devient plus pénible, respirer demande un effort et on dort moins paisiblement.

Alors que nous cherchons un hébergement (ce qui à Jhong ne court pas les rues...), un moine bouddhiste nous propose de nous loger dans un bâtiment récent accolé à son petit monastère – apparemment un endroit destiné à héberger les moines en été lorsqu'ils sont plus nombreux. Pour le moment le bâtiment est vide mais la chambre est tout confort !

Il fait de plus en plus froid, et on ne regrette pas d'avoir loué des doudounes avant de partir...

Jour 5 – Surprise du matin : il neige ! Des moines en baskets nous accompagnent un bout du chemin. Au bout de 2 bonnes heures dans des paysages rudes et enneigés, on arrive à Muktinath (encore un lieu de pèlerinage hindou!). Notre idée initiale était de continuer à se promener dans les environs mais avec la neige qui risque de compromettre la descente des jeeps, on préfère sécuriser notre retour et redescendre au plus tôt. Quelques heures plus tard, on se retrouve à Jomsom sous une pluie battante à attendre le prochain bus qui nous permettra de nous rapprocher au maximum de Pokhara. On profite de l'attente pour manger des momos, spécialité népalaise (de gros raviolis fourrés aux légumes ou à la viande et servis avec du ketchup). La nuit tombée, on arrive - trempés- dans le petit village de Ghasa. Dans l'auberge, malheureusement pas de douche chaude mais la gérante a pitié de nous et nous monte 2 seaux d'eau chaude.

Jour 6 – Après un nouveau long trajet en bus, on finit par arriver à Pokhara, bien fatigués mais sur un petit nuage... Il fait de nouveau beau et chaud, et on savoure la « vraie » douche de l'hôtel !

 

Bilan : c'était fabuleux - peut-être les plus beaux paysages que l'on ait jamais vus ! Sans conteste un des meilleurs moments du voyage !

Plus de photos de Pokhara et de notre trek dans l'Himalaya.

 

Emilie et Basile